A petits pas, sans le dire, Nicolas Sarkozy prépare t’il l’opinion à une privatisation rampante de la Sécurité sociale ? C'est à la faveur du dossier de la dépendance, présenté comme le grand chantier présidentiel de l'année 2011, que les premiers coups de boutoir seront donnés contre ce système clef de l'Etat providence que les Français perçoivent à juste titre comme leur premier et principal acquis social, pivot essentiel de notre modèle social.
Rien n'est dit publiquement. Dans toutes ses déclarations officielles, Nicolas Sarkozy jure de son attachement à la Sécurité sociale, qui, depuis sa fondation en 1945, repose sur un système collectif et solidaire, tournant le dos au système de l'assurance privée individuelle. Mais depuis des lustres, le lobby très puissant des assureurs privés rêve de mettre à bas ce système. Et pour la première fois, un gouvernement, celui de François Fillon, s'apprête à accéder à ses demandes.
Le premier à sonner la charge a été Claude Bébéar, le fondateur du groupe d'assurance Axa, qui, dès 1996, avait sommé le gouvernement d'Alain Juppé d'avancer vers des « sécurités sociales privées », en émettant la recommandation que ce système fonctionne au « premier franc ». « Autant dire, tuer la Sécurité sociale », commentait à l'époque
L'Express. Second assaut : celui de Denis Kessler (ancien numéro deux du patronat, ancien président de la Fédération française des sociétés d'assurance et actuel président de la Scor, un géant de la réassurance) qui, dans une déclaration tonitruante au magazine Challenges, le 4 octobre 2007, avait estimé que la politique économique de Nicolas Sarkozy était moins brouillonne qu'on pouvait le penser « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » concluait Denis Kessler . L'une des mesures phare du programme du CNR était d'instaurer « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ». Et c'est pour respecter cet engagement que dès le 4 octobre 1945 une ordonnance est prise dont l'article 1 est le suivant : « Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu'ils supportent » …
Décryptage des dernières déclarations sur cette question:
Le premier à s'être exprimé sur le sujet est Nicolas Sarkozy. Lors de son récent entretien télévisé, le 16 novembre, qui a indiqué que le dossier de la dépendance serait le grand chantier de 2011. En apparence, il en a parlé dans des termes qui ne justifient aucune inquiétude. Indiquant que la réforme gouvernementale serait introduite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale débattue à l'automne 2011 au Parlement et qu'elle serait précédée d'une grande consultation s'étalant sur six mois, il a en apparence été fidèle à cette tradition qu'incarne la Sécurité sociale.
Rappelant qu'en 2040, la population des plus de 60 ans aura progressé de +30% voire +50%, le président de la République a évoqué la nécessité d'aboutir à un «système juste et équitable» pour qu'une personne âgée où «qu'elle se trouve sur le territoire puisse vivre dignement chez elle ou dans une maison. Nous réglerons la question de la dépendance (...) et apporterons une réponse à l'angoisse des gens». Et de souligner « il y a 250.000 personnes de plus par an victimes d'Alzheimer» en France, tout en ajoutant que son ambition était de résoudre la «question de la place des personnes âgées dans la société », « la question de la dignité des vieux, d'une population dont la vieillesse augmente, et d'enfants qui sont totalement démunis » face à la dépendance de leurs parents âgés.
Le chef de l'Etat a aussi apporté cette précision, lui paraît lever les ultimes inquiétudes: cette réforme devra déboucher sur la création à l'automne prochain «d'un nouveau risque, une nouvelle branche de la Sécurité sociale», la dépendance, aux côtés des quatre branches actuelles que sont la maladie, la famille, la retraite et les accidents du travail. En clair, le propos suggérait que ce nouveau risque, qui va exploser dans les années futures, ne sera pas le prétexte à un contournement de la Sécurité sociale. « Je souhaite la création, pour la première fois depuis la Libération, d'un nouveau risque, d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale : le cinquième Risque », a dit Nicolas Sarkozy. Après ces propos rassurants, le chef de l'Etat a aussi glissé, comme si de rien n'était, d'autres remarques …. Cela a été dit habilement, sous la forme de questions. Mais cela mérite tout de même attention. «Faut-il faire un système assurantiel ? Obliger les gens à s'assurer ? Faut-il augmenter la CSG ? Faut-il avoir recours à la succession quand les enfants n'ont pas la volonté ou pas les moyens ? »
L'air de rien, au milieu d'autres pistes, Nicolas Sarkozy pose aussitôt la question: «Faut-il construire un système assurantiel ? » Mais en fait, on va vite s’apercevoir que ces interrogations présidentielles sont au coeur des éléments de langage, que l'exécutif a mis au point pour préparer les esprits à une privatisation rampante de la Sécurité sociale….
Ainsi le 24 novembre, François Fillon, lorsqu'il prononce devant l'Assemblée nationale sa déclaration de politique générale : «Avec l'emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre système de protection sociale s'imposent à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites. Avec Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot, nous allons poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l'assurance maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités territoriales, au premier rang d'entre elles les conseils généraux. »
Dans ce plan de communication, c'est enfin la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot qui, dans un entretien au Figaro, le 26 novembre, revient à la charge : «Des mesures législatives doivent être votées à l'automne 2011 dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012. Mais nous ne partons pas de rien! Plusieurs rapports, dont le dernier, celui de Valérie Rosso-Debord, (députée UMP) , posent les enjeux et les solutions qui peuvent être envisagées.
Par ailleurs, la dépendance représente déjà 22 milliards d'euros, dont 5 milliards financés par les départements et 17 milliards par l'État essentiellement via la Sécurité sociale. Le débat devra aussi affiner les besoins futurs, qui sont évalués actuellement à 30 milliards d'euros.»
«Que pensez-vous de l'éventuelle mise en place d'une assurance privée? » demande le Figaro : Réponse de la ministre: «Je ne veux pas encore me prononcer. Le débat à venir sera aussi un débat de prise de conscience pour nos concitoyens. Les Français devront s'exprimer sur ce qu'ils jugent être la meilleure solution. Quelle pourrait être la part de l'assurance par rapport à la solidarité? Comment s'organiserait leur articulation? » Là encore, donc, même message: il ne faut rien exclure, et surtout pas le recours à l'assurance privée...
Le message n'est d'ailleurs pas même subliminal ; il est explicite. Car Roselyne Bachelot souligne qu'un rapport pose «les enjeux et les solutions qui peuvent être envisagées», celui de la députée UMP Valérie Rosso-Debord. Or, ce rapport, qui a été présenté à l'Assemblée nationale en juin dernier dans le cadre d'une mission de réflexion sur la dépendance, permet de décoder les projets du chef de l'Etat et du gouvernement, car tout y est dit, avec beaucoup moins de précautions de langage.
Que dit ce rapport :
Un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2050, contre près d'un sur cinq aujourd'hui, et plus de 15% de la population sera âgée de plus de 75 ans. «Le nombre des personnes âgées de soixante ans ou plus devrait s'accroître de près de 50 % par rapport à aujourd'hui, la hausse la plus forte se produisant dans les années 2030. En conséquence, près d'un habitant sur trois aurait alors plus de soixante ans contre près d'un sur cinq en 2010 et d'un sur quatre à compter de 2020». Mais au-delà de ce constat, le rapport de la députée UMP retient surtout l'attention pour les pistes « sulfureuses » qu'il avance. D'abord, le rapport fait valoir (page 64) que «nous ne sommes plus du tout dans le contexte de la création de notre système de protection sociale».
Le rapport se signale largement comme un plaidoyer en faveur du recours à l'assurance privée. C'est comme un feu roulant, qui se poursuit page après page : «De fait, le nombre de Français ayant souscrit une assurance dépendance augmente chaque année et représente aujourd'hui près de cinq millions de personnes ayant adhéré par l'intermédiaire d'une mutuelle ou d'une institution de prévoyance (trois millions de personnes) ou de sociétés d'assurances (deux millions), situant notre pays à la deuxième place des pays industrialisés» (page 86).
Cette remarque se poursuit par une note en bas de page qui ajoute: « La Fédération française des sociétés d'assurance comptait 2.007.600 assurés versant 387,6 millions d'euros de cotisations (au titre d'un contrat pour lequel la dépendance est la garantie principale) et versait 112,4 millions d'euros de rente en 2008. En 2009, 2.024.200 assurés versaient 403,1 millions d'euros de cotisations tandis que 127,7millions d'euros de rente étaient servis.»
Et tout cela débouche (page 87), sur ce qui est le coeur du rapport : On lit en effet ceci: «Les sociétés d'assurance, ayant désormais une vingtaine d'années d'expérience de la gestion du risque dépendance, estiment avoir suffisamment défini le risque statistique –deviendront dépendants, 15 % d'une génération atteignant l'âge de 65 ans et 60% d'une génération atteignant 90 ans – pour proposer des contrats assurant des rentes mensuelles moyennes de 1.000 euros par mois pour des cotisations mensuelles s'élevant à 30 euros pour une personne de soixante ans et à 21 euros pour une personne de quarante ans. La mission propose ainsi de rendre obligatoire dès cinquante ans la souscription d'une assurance des personnes contre la perte d'autonomie auprès de l'établissement labellisé de leur choix : mutuelle, société de prévoyance ou société d'assurance ».
Les choses sont donc dites sans détour. Ce qui laisse à penser qu'en fait, comme dans le cas de la réforme des retraites, les choix sont déjà faits, avant même qu'une pseudo concertation ne commence. Et le rapport ajoute même (page 88): «Les mutuelles, sociétés de prévoyance et sociétés d'assurance devraient assurer progressivement la prise en charge de toutes les personnes atteintes par une perte d'autonomie quelle qu'ait été la durée de leur assurance, dans la limite du socle minimal garanti pour le degré de dépendance qui est le leur. À cette fin, la mission propose que ces institutions constituent et gèrent un fonds alimenté par un pourcentage prélevé sur chaque cotisation, dont elles définiront le montant en commun ».
C'est donc bel et bien une privatisation rampante de la Sécurité sociale qui se prépare à travers les discours sur la dépendance. Et elle ne concerne pas que ce nouveau risque. Ce transfert vers l'assurance privée risque de servir de cheval de troie et de levier pour transformer notre protection sociale en un système à minima, la protection optimale relevant de l’initiative privée sur la base du principe « selon ses moyens « et non plus « selon ses besoins » .
Sources :Médiapart/ Challenges.fr/Programme du
CNR/Le Figaro/Rapport d’information(Assemblée
nationale) présenté par la députée Valérie Rosso-Debord
La droite dans ses contradictions…
« L’Union sacrée » revendiquée par Jean François Copé, difficile à réaliser à la tête de l’UMP!
Jean-François Copé le répète depuis son arrivée à la tête de l’UMP, il veut «rassembler», travailler à : «l'union sacrée». Et réconcilier les différentes sensibilités de l'UMP, irritées par le remaniement qui a fait la part belle au canal gaulliste de l'ex-RPR…
Derrière les «tout était formidable» et «excellent» distillés depuis son intronisation le 17 novembre dernier, le nouveau secrétaire général a littéralement «démoli» son prédécesseur. Et s'est employé à détricoter son action des deux dernières années. Le bureau politique? Il se réunira désormais chaque mercredi …« l'objectif, c'est que l'on se parle ». Le conseil national (le parlement du parti), il s'agit de «le faire vivre » en le réunissant plusieurs fois par an et le doter de commissions thématiques, comme à l'Assemblée et au Sénat. L'objectif des 500.000 militants en 2012 ? A la trappe! L'appellation «Mouvement populaire»? Remisée au placard. «Le problème, c'est que personne ne l'utilisait en dehors de Xavier bien sûr de sorte que la marque n'a pas été identifiée», toujours selon le nouveau secrétaire général de l’UMP. Les grands rendez-vous thématiques destinés à préparer le projet présidentiel ? Initialement prévus sous la houlette de Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, ils seront repensés, le prochain, prévu début décembre, pourrait même être supprimé. A la place, les clubs et thinktanks de l'UMP devraient être mis à contribution.
Xavier Bertrand n’a pas apprécié…. Sur Direct 8, le ministre du travail enfonce le clou sur le départ de
Jean-Louis Borloo de sa vice-présidence de l'UMP en conseillant à Jean François Copé de « rencontrer» l'ex-ministre de l'écologie pour «le faire revenir sur sa décision». «Copé, je n’étais pas en guerre avec lui», a soutenu Xavier Bertrand sur Europe1. Tout en ajoutant: «J’ai envie de le croire quand il dit qu’il veut faire la paix» …
Le nouveau secrétaire général de l’UMP doit aussi composer avec l'aile centriste de la majorité, qui, n'ayant pas digéré le remaniement, prend le large. Deux poids lourds ont pris leurs distances. Jean-Louis Borloo, d'abord. Le 24 novembre, l'ex-numéro deux du gouvernement a annoncé qu'il abandonnait sa vice-présidence de l'UMP. Pour «retrouver sa liberté de parole et de proposition dans la majorité», selon Laurent Hénart, le numéro deux du parti radical valoisien. Si Borloo reste membre du parti présidentiel, il a tout de même été suivi par les radicaux valoisiens, qui ont décidés ne plus prendre de fonctions exécutives au sein de l'UMP. Lors du premier point presse de la nouvelle équipe UMP, les premières fissures sont d'ailleurs apparues, Marc-Philippe Daubresse (proche de Borloo) en profitant pour rappeler que les centristes n'avaient pas dit leur dernier mot…
Jean-Pierre Raffarin reste lui aussi à l'UMP, mais avec une condition tacite: avoir «à l'intérieur» «toute liberté pour faire des propositions, déposer des textes, voter des textes en toute liberté et responsabilité». Très critique depuis cet été (sur le virage sécuritaire du gouvernement et le remaniement), l'ancien premier ministre a créé, le 23 novembre, son «mouvement» au sein du groupe UMP du Sénat.
Le sénateur de la Vienne a beau répéter que «ce n'est pas de la division, c'est de la diversité», il s'agit bien de jouer sur les subtilités des «statuts de l'UMP» (qui stipulent que le parti se coordonne en mouvements) pour «infléchir la trajectoire du gouvernement». Baptisé «République et Territoires» et doté d'une trentaine d'élus, le mouvement se veut «une coopérative de sénateurs, libres de leurs votes». Même si l'ancien Premier ministre assure avoir obtenu l'aval de Nicolas Sarkozy qui l'a reçu, même si, au groupe UMP du Sénat, on souligne qu'un tel mouvement «n'a pas d'existence juridique et n'est qu'une amicale», Jean Pierre Raffarin a concrétisé le mécontentement des ex-UDF au Sénat, où l'UMP peine à dégager une majorité….
Ces deux actes de rébellion passent d'autant plus mal qu'aux frontières de la majorité, les critiques et les appels pour un centre indépendant se multiplient. Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, a de nouveau plaidé, devant 200 militants de la fédération de Paris la semaine dernière, pour «l'indépendance du Nouveau Centre à l'égard de l'UMP». En 2007, «nous avons pris un billet de train pour une destination sans en négocier les clauses» avec l'UMP. Pour 2012, «nous voulons négocier les conditions du voyage»…
Dans un entretien au Figaro, le 22 novembre, c'est au tour du président de l'Alliance centriste, Jean
Arthuis, d'expliquer que «les alliances que (le centre) a conclues jusqu'à maintenant avec l'UMP ou avec le RPR de jadis l'ont étouffé» et d'appeler de ses voeux «un parti centriste indépendant». A l'occasion du remaniement, on a «pu mesurer le poids du centre, c'est-à-dire rien du tout», estimait-il sur LCI, expliquant que Jean-Louis Borloo pourrait «bien sûr» fédérer le Centre dans la perspective de 2012 à condition que le Parti radical qu'il préside rompe tout lien avec l'UMP.
Enfin, Jean-François Copé doit gérer les attaques de deux autres ténors de l'UMP: Dominique de Villepin dont la virulence par rapport au pouvoir ne cesse de s'accroître, bien qu'il soit toujours membre du parti et Patrick Devedjian qui a décidé de ne pas rester silencieux après son éviction du gouvernement et de la tête de la fédération UMP des Hauts-de-Seine…. Patrick Devedjian, qui a accusé, le 19 novembre, l'Elysée de pressions pour empêcher sa réélection à la tête de la fédération du 92. Il a tenu des propos «tout de même très sévères et je les regrette», a recadré Jean François Copé. « L'ancien patron des députés UMP a au passage reconnu des «tensions internes» dans «un certain nombre de fédérations UMP» et estimé qu'il fallait «maintenant mettre un peu de dialogue et d'apaisement» dans celle des Hauts-de-Seine. Une allusion à la rivalité entre Jean Sarkozy et Patrick Devedjian pour le renouvellement de la présidence du conseil général en 2011….
La « Droite » déclinée à toutes les sauces …
Vous habitez dans l'une des quelque 10.000 communes de France de moins de 3500 habitants ? La Droite rurale est là pour défendre vos intérêts. Votre famille fait partie de ces foyers qui ne bénéficient ni des prestations sociales réservées aux plus démunis ni de réductions fiscales dont bénéficient les mieux lotis? La Droite sociale se soucie de vous. Vous êtes excédés par l'insécurité et la délinquance? La Droite populaire se fait fort de relayer vos inquiétudes. Depuis le début de l'année, l'UMP a vu l'émergence de plusieurs cercles en son sein comme autant de «guichets» pour des publics déterminés. Cette méthode, bien connue des spécialistes de la communication - qui parlent de marketing différencié permet de répondre à des attentes spécifiques. Les publics visés font partie de l'électorat le plus traditionnel de la droite, un électorat qui a pourtant fait défaut à l'UMP lors des élections intermédiaires depuis 2007. L'objectif est d'élargir la base. Au risque de brouiller le message…
Pas étonnant dès lors que Laurent Wauquiez ait lancé son club, la Droite sociale (récemment reçu à l’Elysée), après la débâcle des dernières régionales. «Le social, ce n'est pas seulement agir pour les plus défavorisés. Les classes moyennes ont souffert dans la crise », expliquait-il alors. Sans l'avouer, le secrétaire d'État à l'Emploi estimait qu'il fallait adresser un message à ce pan de la population française qui n'était ni concerné par le bouclier fiscal ni par le RSA, deux réformes emblématiques du quinquennat….
Cette démarche « segmentée » n'est pas sans contradiction…. La Droite populaire, collectif de députés créé en juillet autour de Thierry Mariani et Lionnel Luca, se veut le chantre de «la sécurité, première des libertés» ... La Droite populaire s'est récemment félicitée que les Suisses aient voté en faveur de l'expulsion de tous les étrangers délinquants. «La France devra bien, elle aussi, changer sa législation à ce sujet», estime Lionnel Luca. Quitte à passer par pertes et profits la réforme de 2003 limitant la double peine, menée par… Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur ?
Auteur en 2009 d'une tribune, avec vingt-trois collègues sénateurs, dans laquelle il menaçait de ne pas voter la réforme de la taxe professionnelle,Jean Pierre Raffarin vient de créer un «mouvement» au sein du groupe UMP au Sénat, baptisé République et territoires. Objectif pour ces élus de l'aile centriste:
« Défendre la décentralisation et les intérêts des élus locaux… »
Quand au dernier en date de ces «lobbys», le groupe la Droite rurale animé par le député UMP, Pierre Morel-A-L'Huissier, il déplore « que depuis trop longtemps, les politiques élaborées à Paris s'accompagnent de dérogations pour les territoires ruraux: nous sommes les anormaux,… Il est temps de penser les choses autrement ». La quarantaine d'élus qui ont rejoint ce groupe entend imprimer sa marque à tous les textes qui passeront à l'examen d'ici à 2012…. « Et à contribuer à la prise en compte de nos demandes dans le futur projet »…
Sources (*) : Le Figaro/Médiapart/Europe1
ANALYSE CRITIQUE DE LA DROITE
Insécurité : la grande discrétion du gouvernement après la publication de deux rapports de l’ONDRP …
L'ONDRP (l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) vient de publier coup sur coup deux études: le 17 novembre dernier, son dernier bilan mensuel de la délinquance, et le 23 novembre son « enquête de victimation ». Documents qui démentent les propos de François Fillon tenus lors de son discours de politique générale, le 24 novembre dans lequel il se félicitait « d'avoir stoppé la spirale de la délinquance »…
Constat : 18 mois après l'entrée en fonction de Brice Hortefeux au ministère de l'Intérieur, ne sont pas fameux. Le ministre aurait pu se féliciter de la baisse des atteintes aux biens (2,9% soit 65 000 atteintes en moins sur 12 mois). Mais il s'est bien gardé de la moindre réaction personnelle. Sur le site du ministère de l'Intérieur, on a beau cherché, l’on ne trouve rien. Comme si ce bilan n'existait pas !
Que dit ce bilan mensuel de la délinquance : Les atteintes à l'intégrité physique ont encore progressé, de 5 800 actes sur un an, pour atteindre 462 350 à fin octobre. Dans son commentaire, l'ONDRP se félicite presque (« le rythme de la hausse a diminué de plus de 4 points»), et avance une explication statistique : la mesure d'octobre 2009 avait été faite sur ... un mois incomplet. L'argument est un peu court. Sur le seul mois d'octobre 2010, les violences contre les personnes ont augmenté de 0,3%.
Plus précisément, l'ONDRP s'inquiète des hausses des «violences sur dépositaire de l’autorité» enregistrées, en hausse de 2,1 % sur un an, et surtout des violences physiques crapuleuses, dont, l'augmentation s'accélère : + 3,9 % en août à + 5,2 % en octobre 2010. Autre revers, l'élucidation des atteintes aux biens chute à 28 600 (contre plus de 30 000 cas il y a un an).
Ce rapport contient aussi un paragraphe instructif sur les affrontements entre bandes. Après l'adoption d'une loi antibandes au printemps 2009, il est édifiant de lire les doutes de l'ONDRP, quant à la définition même du concept de bandes : «D’un point de vue statistique, la définition d’un « affrontement entre bandes » souffre de certaines imprécisions (...) et surtout de la difficulté à unifier le concept de «bandes » à travers des éléments objectifs(...) . L’ONDRP n’est pas en mesure de dire si la pratique de qualification présente effectivement la cohérence nécessaire, mais il est légitime de le supposer car cette cohérence a aussi un intérêt opérationnel » En d'autres termes, puisque le gouvernement veut des statistiques pour justifier son action, on lui en donne, mais n'attachez pas trop d'importance aux chiffres ! De janvier à octobre 2010, l'ONDRP a ainsi recensé 341 affrontements entre bandes, contre 292 sur la même période de l'an passé. Deux remarques : premièrement, ces affrontements font souvent la une des médias, mais leur nombre reste complètement marginal par rapport aux violences aux personnes; deuxièmement, la loi anti-bandes ne sert manifestement... à rien!
Des résultats en complet décalage avec les statistiques officielles…
Le débat sur l'insécurité, et l'échec de Nicolas Sarkozy, devrait être également relancé par la récente enquête de victimation, réalisé par l'ONDRP. Cette enquête, publiée pour la quatrième fois le 23 novembre, repose sur un sondage de 16 500 personnes, et vise à mesurer le sentiment d'insécurité. Les résultats sont en complet décalage avec les statistiques officielles. Les écarts s'expliquent par le décalage entre les violences subies et les plaintes et infractions réellement enregistrées par les services : on y constate une augmentation de 15% de violences physiques faites aux femmes (654.000 femmes victimes en 2009 !), une explosion des agressions sexuelles (+45%); 1,2 million de Français se déclarent victimes de violences, alors que l'ONDRP recense moins de 400 000 agressions par an.
Au final, personne ne s’est précipité, à l'Elysée, pour commenter ce triste bilan de la lutte contre l'insécurité. Comme si Nicolas Sarkozy avait du mal à assumer ce qui apparaît comme un échec de sa politique sur ce sujet.
(*) Sources : Marianne.fr/l’ONDRP
La droite dans ses contradictions…
Pauvreté et précarité : les oublis du Président de la République !
L'une des priorités affichées par Nicolas Sarkozy lors de sa longue interview télévisuelle se résumait à : « une réforme fiscale censée amortir les problèmes de concurrence avec l'Allemagne ». L'ISF donnerait selon lui, envie aux titulaires d'un patrimoine soumis à l'ISF de quitter la France pour partir en Allemagne… Bien que tout le monde sache que ce sont la Suisse et la Belgique qui ont les faveurs des exilés fiscaux, Nicolas Sarkozy a préféré agiter le "péril" allemand pour justifier la suppression de l'ISF dans notre pays et ... annoncer la fin du bouclier fiscal. En gros, supprimer l'ISF pour éviter que, ceux qui y sont soumis, traversent le Rhin pour s'y installer.
Cette décision/renoncement, puisqu'il était encore inconcevable le 4 octobre de remettre en cause le bouclier fiscal, comme l'affirmait alors le nouveau secrétaire d’Etat, chargé du Tourisme, Frédéric Lefebvre, coûtera au budget de l'état plus de 3 milliards d’euros .
En revanche, il n’aura pas eu un mot sur ... la pauvreté et la précarité qui s'installent durablement dans le pays ! Ainsi, "La Fondation Abbé Pierre dénonce une "situation sans précédent depuis 1954 du mal logement en France ". 3,5 millions de personnes concernées : 1 million dans des logements surpeuplés; 1 million dans des logements sans toilettes, sans salle de bains ou sans chauffage; 1 million dans des logements non permanents (tentes, voitures, amis...), dont 100.000 sans-abri; 500.000 dans des structures collectives (foyers ...)
Autre reproche en direction du chef de l’Etat : avoir fait l'impasse sur plusieurs rapports publiés ces derniers jours, comme celui de Dominique Versini, défenseur des enfants, qui dénonce : " le recul des politiques publiques sur l’accès de tous aux droits de tous, un manque de volonté politique, malgré le vote du droit au logement opposable, sur la construction de logements sociaux dans les régions tendues, enfin, un empilement et un manque de coordination de dispositifs de lutte contre la pauvreté et l’exclusion associé à un éparpillement des budgets."
Un constat qui souligne en creux les propos tenus par le candidat Nicolas Sarkozy en 2007, mais non suivis d’effet, quand il proclamait : " 7 millions de personnes vivent en France sous le seuil de pauvreté, dont deux millions d'enfants" … "C’est en nous donnant des objectifs chiffrés et des obligations de résultat que nous nous mobiliserons suffisamment pour réduire réellement la pauvreté " et d'ajouter : "l'objectif de réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays doit être l'objectif du gouvernement "
A cela, faut il ajouter le rapport de l'INSEE, consacré à un « Portrait social de la France », dont il ne pouvait ignorer l'existence lors de cette émission : " Et dans ce rapport, on trouve des données et des indicateurs précis sur la pauvreté : " Plus d'un Français sur cinq a traversé une période de pauvreté. La pauvreté ne se réduit pas aux seuls revenus… Les contraintes budgétaires (découverts bancaires), les retards de paiement (de loyers ou de factures), la consommation (possibilité de manger de la viande tous les deux jours, partir une semaine de vacances par an, acheter des vêtements neufs, recevoir …).
Conclusions : 22% des Français de plus de 16 ans sont touchés ... La pauvreté monétaire (disposer de moins de 950 euros par mois) touche 13% de la population ... Cette chute temporaire dans la pauvreté s'explique notamment par une croissance, des gains de productivité et un pouvoir d'achat relativement faibles en France, qui renforcent les aléas et l'impact sur la consommation ... "
Autre indicateur utilisé par l'INSEE : " la qualité de vie : outre les conditions matérielles, il tient compte de l'état de santé, des conditions de travail, du niveau d'éducation, de la sécurité, et du «capital social», c'est-à-dire «la participation à la vie publique et les contacts avec les autres les personnes aux revenus faibles et les familles monoparentales « sont les deux groupes qui ont la qualité de vie la plus dégradée » au regard de ces critères ." Mais, de tout cela pas un mot.
Bercy aux petits soins avec GDF-Suez mais pas pour les consommateurs !
Christine Lagarde est-elle là pour veiller aux intérêts des consommateurs? La question peut se poser quand il s'agit de GDF-Suez. En effet, depuis la privatisation de Gaz de France en juillet 2008, toutes les décisions prises par le ministère des finances penchent régulièrement en sa faveur. La dernière en date, annoncée il y a peu, s'inscrit dans cette droite ligne, malgré les apparences. Dans un communiqué, Bercy vient d’annoncer l'élaboration d'une nouvelle formule tarifaire pour déterminer les prix régulés du gaz. Miracle : celle-ci va prendre en compte les cours du gaz sur les marchés mondiaux. Aussi curieux que cela paraisse, ce n'était pas le cas jusqu'à présent… La fixation des tarifs était arrêtée à partir des seules variations de produits pétroliers en Europe et de l'euro par rapport au dollar.
Cette formule, établie par GDF Suez tout juste après sa privatisation, était des plus normales, selon le ministère des Finances et la commission de régulation de l'énergie (CRE). Les contrats gaziers sur le long terme sont indexés sur le pétrole et le dollar, expliquaient-ils, en reprenant les arguments de GDF-Suez. Dès l'instauration de cette formule à l'été 2008, des spécialistes s'étaient pourtant étonnés de ce choix, non pertinent selon eux. Le marché gazier, soulignaient-ils, jusqu'alors corrélé à celui du pétrole était en train de devenir un marché indépendant sous l'effet de la découverte de gaz non conventionnels aux Etats-Unis. Démarrée en 2005, l'exploitation de ces gaz à partir de gisements de schistes a bouleversé la donne. Les Etats-Unis se retrouvent à la tête d'immenses réserves gazières. D'importateurs net, ils sont devenus auto suffisants et seront bientôt exportateurs de gaz.
Avec l'afflux de ces nouvelles capacités, les cours du gaz se sont effondrés: de 13 dollars le million de BTU, ils sont tombés à moins de 4 dollars. Sur le marché spot européen, les prix ont à leur tour chuté de 30 à 35%. Depuis 2008, date de la privatisation de Gaz de France, les prix ont augmenté de plus de 30%... En 2010, GDF-Suez aura encore obtenu deux hausses successives en avril et en juillet, représentant un total de 15%, tandis que l'Allemagne diminuait les siens, dès le second semestre de 2009 de 23%, selon Eurostat !
La justification politique de tels écarts est devenue de plus en plus difficile à soutenir. Le ministère des finances s'est donc résolu à intégrer au moins une référence aux prix mondiaux du gaz. Mais celle-ci est des plus minimes: 10% seulement. Ce chiffre est censé correspondre à la part des achats réalisés directement sur les marchés par GDF-Suez, le reste étant acquis par le biais des contrats long terme, selon les analyses de la CRE. Petite concession ? le groupe a juste annoncé que les prix du gaz resteraient stables en janvier 2011…
Ce qui apparaît, après la rafale de hausses passées, comme un immense cadeau… Dans les faits, on peut s'interroger ; les prix du gaz en Europe ont encore baissé de 11,6% en 2010. Outre des références limitées au marché, le ministère des Finances a consenti un deuxième cadeau à GDFSuez. La nouvelle formule, qui devra refléter la chute des cours gaziers, même de façon partielle, ne sera appliquée qu'à partir du 1er avril. C'est-à-dire que les 10 millions d'abonnés au gaz vont payer leurs factures d'hiver, les plus élevées de l'année, sur la base de la formule ancienne. Au prix fort….
Eric Besson envisage un parachutage pour les législatives 2012 …
Le nouveau ministre de l’industrie à la recherche d’un point de chute serait tenté par un parachutage en 2012, dans l’une des nouvelles circonscriptions des Français de l’étranger. Eric Besson aurait fait connaître son intérêt pour la 9ième circonscription des Français de l’étranger qui comprend l’intégralité du Maghreb et une large partie des pays d’Afrique de l’Ouest …
(*) Sources : Médiapart/Marianne.fr/L’Express.fr
ANALYSE CRITIQUE DE LA DROITE
Un « Portrait social de la France » inquiétant …
« N'oubliez jamais que la seule finalité du progrès économique, c'est le progrès social » : avait glissé à la Libération le général de Gaulle à Philippe Dechartre, ancien ministre « gaulliste social »… une phrase que pourrait méditer celui qui s’est présenté comme son fidèle successeur le 9 novembre dernier à Colombey les deux Eglises.
Comme chaque année, l'Institut national de la statistique et des études économiques
(Insee) publie un portrait social de la France. Principaux enseignements: la France continue de souffrir, les inégalités progressent, et les revenus des ménages les plus modestes sont de plus en plus contraints.
Emploi, chômage...
En 2009, la France a connu «le plus fort recul de l'activité» depuis 1945: le PIB a reculé de 2,6%. Conséquence: de nombreux emplois industriels ont été détruits. Le coup de grâce d'une longue phase de désindustrialisation: depuis 2005, 447 000 emplois ont disparu dans l'industrie, dont plus de la moitié (258.000) depuis 2008.
2,6 millions de personnes étaient au chômage fin 2009 en France métropolitaine, soit 9,1% de la population active. 1,4 million de personnes travaillent moins qu'elles ne l'auraient souhaité (elles sont en situation de «sous-emploi»). 800.000 personnes souhaitent travailler, mais ne sont pas comprises dans les statistiques du chômage. Au deuxième trimestre 2010, quatre demandeurs d'emploi sur dix sont des chômeurs de longue durée (plus d'un an). La dégradation a été fulgurante: ce n'était qu'un sur trois début 2008. Si l'emploi semble redémarrer (+44 000 emplois créés au troisième trimestre 2010, selon d'autres données de l'Insee publiées le 16 novembre, l'hémorragie industrielle continue bel et bien. Quant à l'amélioration, elle restera lente: si l'emploi a été soutenu en 2009 par les emplois aidés, leur nombre va être diminué à partir de 2011, austérité oblige.
Le chômage des jeunes à «un niveau historique»…
C'est du jamais vu depuis 1975. Fin 2009, le taux de chômage des jeunes a atteint 23,7%. C'est 6,4 points de plus en 18 mois. Pire: quatre chômeurs sur dix ont moins de trente ans. Les plus touchés: les moins qualifiés et les hommes, davantage représentés dans l'industrie et désormais moins diplômés que les femmes. Un chiffre à relativiser toutefois ; une grande partie (environ 15%) fait des études... Le diplôme continue de protéger (relativement) les jeunes du chômage: la moitié des jeunes sans diplôme sortis du système éducatif depuis un à quatre ans sont au chômage (contre seulement un jeune diplômé du supérieur sur dix), et plus de quatre sur dix exercent un métier précaire (deux diplômés du supérieur sur dix). Or plus de 10% des jeunes continuent chaque année de sortir sans aucun diplôme du système éducatif. De surcroît l’écart du chômage entre cadres et ouvriers s’est aggravé : 20% des ouvriers non qualifiés sont au chômage... contre 4% des cadres. Avec la crise, le nombre d'emplois à temps partiel a fortement augmenté (de 16,7% fin 2008 à 17,8% fin 2009). Le temps partiel est aussi de plus en plus subi: dans un cas sur trois, la personne souhaiterait travailler plus. Une conséquence qui ne fait qu'aggraver une situation préexistante. Résultat: 7,5 millions de salariés ont gagné moins de 9000 euros annuels en 2008. Et pour eux, peu de chances de sortir de la précarité, dit l'Insee: pour le quart des salariés ayant les plus faibles revenus salariaux en 2005, seuls 18% travaillaient trois ans plus tard «de façon continue». Les autres étaient au chômage ou subissaient des carrières très chaotiques...
Revenus, salaires, niveaux de vie...
Si la consommation des ménages a «résisté» en 2009, et globalement continué d'augmenter (+0,6%, après une hausse de 0,8% en 2008), cette hausse doit être nuancée…. En effet, si les Français ont acheté plus de voitures (prime à la casse oblige) et profité de la baisse des taux, ils ont restreint leurs achats d'habillement, d'équipement de la maison, leurs dépenses de transports, de restaurant, etc. Le taux d'épargne des ménages (16,2%) est au plus haut depuis dix ans, signe d'une «prudence» face «à la dégradation du marché du travail » remarque l'Insee.
Les loyers (logements sociaux, locatif privé) :
Ils ont augmenté pour tous les ménages concernés entre 1996 et 2006. Mais pour le tiers le plus modeste des ménages, ils ont flambé. Alors qu'il représentait un tiers (34%) de leurs dépenses mensuelles en 1996, le coût du loyer flirtait en 2006 avec les 40% (39%). «On atteint des ordres de grandeur extrêmement importants », estime le directeur des études sociales et démographiques de l'Insee. L'essentiel de cette hausse est évidemment due à la hausse des prix, notamment dans le locatif privé. Résultat: pour les plus modestes, les dépenses «pré engagées » (dont ils ne peuvent se passer) ne cessent d'augmenter... surtout lorsqu'ils habitent hors des centres-villes, ce qui est de plus en plus le cas avec la progression de l'étalement urbain.
Un Français sur deux vit avec moins de 1580 euros par mois (revenu, mais aussi ressources éventuelles du conjoint, etc). Les 10% les plus modestes vivent avec moins de 876 euros mensuels. Les 10% les plus riches avec plus de 3000 euros. Les revenus moyens des 1% les plus riches augmentent plus rapidement que le reste de la population. Les 20% les plus aisés ont un niveau de vie “brut” 7 fois supérieur aux plus modestes. Une fois les transferts sociaux (allocations, impôts...) pris en compte, ce rapport passe de un à quatre.
7,8 millions de personnes vivaient en 2008 sous le seuil de pauvreté (950 euros par mois), soit 13% de la population. La pauvreté touche une famille monoparentale sur trois.
Grâce à un nouvel indicateur moins restrictif que la seule pauvreté monétaire définie par un seuil de revenus, («la pauvreté en conditions de vie), l'Insee estime que plus d'un Français sur cinq a connu entre 2004 et 2007 une période de pauvreté, pendant laquelle il a subi des difficultés de conditions de vie qui caractérisent la pauvreté: difficulté à se loger, découverts à la banque, retards de paiement des factures, difficulté pour se vêtir ou acheter à manger, logement sans eau chaude, ou sans toilettes à l'intérieur... A cause de la récession, de la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires, le revenu disponible des ménages n'a augmenté que très faiblement (+1%, à comparer aux +3,2% en 2008 et 5,2% en 2007). Mais l'inflation ayant été très modérée, l'Insee affiche une «progression du revenu disponible brut des ménages» de +1,6% en 2009. Une hausse du pouvoir d'achat, d'ailleurs «très faible», qui ne veut pas dire grand-chose, admet l'Insee: «La réalité des situations individuelles est plus variée ». «Un tiers des Français a le sentiment que son niveau de vie diminue»…
“Dans quelques jours, je prendrai d'autres initiatives pour répondre à l'angoissante question du pouvoir d'achat, de la croissance et de l'emploi.” … Nicolas Sarkozy, AFP, 20/11/2007
(*)Sources :Médiapart/L’Insee/L’Observatoire des
inégalités
La droite dans ses contradictions…
Union pour la Méditerranée : le naufrage du projet de Nicolas Sarkozy !
« Je suis ébranlé quand je vois l'allant que certains mettent aujourd'hui à pratiquer cette "realpolitik" qu'ils fustigeaient tant hier. Il y a des grâces d'état. Des disgrâces aussi »… Alain Juppé, sur son blog, 25/03/2008
Le sommet de l'Union pour la Méditerranée (UpM), prévu le 21 novembre à Barcelone, a été une nouvelle fois reporté sine die en raison du « blocage » du processus de paix au Proche-Orient. ..
Que reste-t-il aujourd’hui du nébuleux projet d'Union pour la Méditerranée (UpM) voulu par Nicolas Sarkozy ? Pas grand-chose. Lancée en grandes pompes le 13 juillet 2008 à Paris en début de présidence française de l'Union européenne, l'UpM devait remplacer, selon Nicolas Sarkozy, le « lamentable » projet Euromed, initié en 1995 pour aider au développement des pays méditerranéens….
Calquée sur le modèle de l'intégration européenne, il s'agissait de bâtir une vraie «Union méditerranéenne». Depuis les fastes parisiens de ce 13 juillet 2008, plus rien ! Car les mêmes causes le conflit israélo-palestinien- produisent les mêmes effets : le blocage de tout processus d'intégration méditerranéen.
Rappel des faits : Le 6 mai 2007, à l'issue du second tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy lance une « initiative » dont son conseiller spécial Henri Guaino a le secret. Ce souverainiste convaincu veut créer cette Union pour la Méditerranée afin d'offrir une alternative à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne que Nicolas Sarkozy rejette. L'idée est floue et, surtout, n'a pas été testée auprès des partenaires de la France, au premier rang desquels l'Allemagne.
Les capitales européennes, et pas seulement Berlin, ne cachent pas leurs réticences. Pourquoi créer une nouvelle institution qui risque d'être budgétivore et ne pas s'efforcer simplement de relancer le « processus de Barcelone » ?
Cette méfiance se transforme en franche hostilité quand Henri Guaino, chargé de finaliser le projet, précise sa vision. Pour lui, cette nouvelle Union ne doit inclure que les pays riverains de la Méditerranée et donc exclure tous les pays du nord de l'Union européenne et la Commission de Bruxelles. Angela Merkel monte aussitôt au créneau pour tuer dans l'oeuf un tel projet.
Finalement, après une passe d'armes franco-allemande au sommet européen de mars 2008, il n'est plus question d'exclure qui que ce soit.
«C'est du Barcelone + » ironisait crûment Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois. Et José-Manuel Barroso, le président de la Commission, d'enfoncer le clou, en précisant que « l'Union pour la Méditerranée » n'est pas une «alternative» à l'adhésion de la Turquie.
Depuis donc, hormis cette réunion du 13 juillet 2008 qui aura coûté 16,6 millions d'euros pour une seule journée au contribuable français (dénoncé comme tel par la Cour des comptes …). L'UpM vivote au gré de quelques réunions ministérielles.
Initialement prévu le 7 juin à Barcelone, le deuxième sommet de l'UpM avait déjà été reporté à novembre dans l'espoir de progrès dans les négociations de paix israélo-palestiniennes.
Nicolas Sarkozy va devoir faire preuve d'imagination pour sortir son « grand projet pour la Méditerranée » de l'ornière…
Brunel (UMP) s'oppose à Sarkozy sur la suppression de l'ISF !
La députée UMP et ancienne porte-parole de l’UMP, Chantal Brunel se dit opposée à la suppression de l'impôt sur la fortune : « je ne suis pas favorable à une suppression de l'ISF et je suis inquiète de l'interprétation qui sera donnée à cette décision… Même si je reconnais que cet impôt a des inconvénients et qu'il pourrait trouver sa contrepartie dans d'autres impôts, je pense que l'heure n'est pas à sa suppression! En pleine crise, alors que le marché du travail est précaire et que le chômage frappe durement un grand nombre de Français, supprimer cet impôt sur la fortune sera interprété ni plus ni moins comme un cadeau fait aux riches ». « S'il est une chose dont je suis convaincue, c'est qu'en politique, le symbole est parfois plus fort que le bien-fondé d'une action » ; En recevant les députés UMP à l'Élysée, Nicolas Sarkozy avait été interpellé sur cette question par Chantal Brunel. Le président lui avait rétorqué, cinglant : « Ma chère Chantal, tu n'as jamais caché ton appétence libérale et tu t'inquiètes pour la suppression de l'ISF ! »
(*)Sources : Rue 89/L’Express.fr
Formation : « Les fondamentaux de la gauche » - Samedi 21 Novembre - Voir les photos ...
La fédération du Parti Socialiste de la Charente a organisé une nouvelle séance de formation en direction de ses adhérents sur le thème « Les fondamentaux de la gauche »
A l'heure où la droite cherche à semer le trouble en empruntant volontairement au vocabulaire et au patrimoine de la gauche pour faire passer ses mesures scélérates, les socialistes souhaitent reposer la question de l'identité politique de la gauche.
Autrement dit, pour savoir où nous allons, mieux vaut savoir d'où nous venons...
Elle a été assurée par Philippe Darriulat professeur des universités et membre du Conseil National du PS et Jean françois Valegeas Secrétaire Fédéral à la Formation.
Cette formation a rassemblé une trentaine de militants à la Grande Garenne. Après l'intervention de Philippe, l'échange avec les participants s'est poursuivit autour d'un apéritif.
Le matin, La fédération (Pouria Amirshahi, premier fédéral, Jean Michel Pascal - trésorier, Cecile, Jean Marc, Jacques ... Secrétaires Fédéraux) a accueilli les nouveaux adhérents.
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Intervention de Liem Hoang Ngoc.
Liem Hoang Ngoc est maître de conférences à l’université de Paris1 Panthéon Sorbonne et membre
du Conseil National du Parti Socialiste.
Cette formation a eu lieu le samedi 7 février 2009 au Gond Pontouvre. Près de 50 militants PS de la Charente y ont participé...
Les documents de travail : (Trois textes de Liem Hoang Ngoc, points forts de son intervention...)
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