Services Publics

La France des SPIP : Non à une justice low cost

Le drame de l’affaire dite « de Pornic » a relancé le débat sur la prévention de la récidive et la prise en charge des auteurs. Une fois de plus, le Président de la République, a réagit de façon démagogique et populiste, se lançant à la recherche de boucs émissaires.
Au bout de la chaîne pénale, les personnels d’insertion et de probation, acteurs centraux de la prévention de  la récidive des crimes et délits, se sentent insultés et méprisés.
Ces professionnels, méconnus, souhaitent à leur tour s’exprimer afin de rétablir la vérité, sur leur métier, mais également quant à leurs conditions de travail, qui se dégradent d’année en année.

Les SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation), services déconcentrés de l’administration pénitentiaire assurent le suivi des personnes condamnées sur le ressort d’un département, qu’elles soient libres (mesure alternative à l’incarcération, tel que la mise à l’épreuve, le travail d’intérêt général, la libération conditionnelle, le suivi socio judiciaire…) ou incarcérées.
Formés (notamment à la criminologie et en sciences humaines) pendant 2 ans après un concours, à l’Ecole Nationale de l’Administration Pénitentiaire, les Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (CPIP) ont pour fonction d’assurer le suivi des personnes condamnées, dans un but de prévention de la récidive.
L’individualisation des peines est donc au cœur de leur action, tout comme la responsabilisation de la personne.
Donner du sens à la peine, tel est leur quotidien. Mais cela prend du temps ; il faut amener la personne condamnée à réfléchir sur les actes posés, sur les moyens à mettre en oeuvrent pour limiter le risque de récidive.
Limiter la récidive, car le risque zéro n’existe pas, y compris dans les sociétés les plus sécuritaires. Vouloir faire croire le contraire relève du mensonge.
Mais prévenir la récidive tout de même car les CPIP utilisent tous les outils nécessaires pour assurer un suivi adapté à la personnalité et au parcours pénal du condamné. Ils sont aussi force de proposition pour innover dans les prises en charge (ex : depuis plusieurs années, au SPIP de Charente, comme dans d’autres services, des groupes de parole de prévention de la récidive sont mis en place par les CPIP).
L’objectif du suivi est de replacer le condamné dans la cité, qu’il soit un citoyen responsable, un citoyen à part entière.
Cette mission régalienne, exercée dans l’intérêt du justiciable, des victimes et des citoyens, est mise à mal depuis plusieurs années, par une politique de «casse » des services publics.

Le budget de la justice française est le 37ème en Europe (0,19% du PIB contre 0,38% pour l’Allemagne, 0,36% pour l’Espagne, 0, 43% pour le Royaume Uni et 0, 52% pour la Pologne).
Les SPIP, comme les autres services judiciaires, souffrent de ce manque de moyens, et l’application de nombreuses lois n’a fait qu’accroître les difficultés pour les services déjà engorgés.
La loi Pénitentiaire, certes imparfaite, est un progrès. Néanmoins, cette loi, dans son étude d’impact, préconisait 60 dossiers par CPIP pour que la mission puisse être menée à bien. A l’heure actuelle, les CPIP ont en moyenne 130 à 150 dossiers chacun.
Cette surcharge de travail empêche le travail de réflexion, porte atteinte à l’individualisation et surtout accentue le risque d’une mauvaise évaluation de la situation du condamné.
Les mesures annoncées par le gouvernement pour pallier le manque de moyens sont dérisoires et ne tiennent pas compte de la professionnalité indispensable à l’exercice de cette mission.

Il est de la responsabilité de l’Etat de permettre aux SPIP et aux différents intervenants de la chaîne pénale de pouvoir exercer leurs fonctions de manière décente. Ces personnels ne pourront objectivement voir leur responsabilité questionnée sur leurs actes professionnels, qu'à partir du moment où ils auront les moyens adéquats des les effectuer.
Nous sommes aujourd’hui déterminés à maintenir la mobilisation et nous n’aurons de cesse de dénoncer l’indigence des moyens dont nous disposons.
Nous demandons aux autorités du pays de prendre les décisions qui s’imposent pour que la France puisse avoir une justice digne de son rang.
Nous appelons les élus de gauche à venir rencontrer les professionnels et constater ainsi la réalité des difficultés.
Enfin, le Parti Socialiste doit prendre part à ce débat, amorcer une réflexion sur le système pénal de notre pays, et porter un discours progressiste en matière de traitement de la délinquance.



 Cécile SAID HOUSSEINE                               Frédéric CHAUBENIT
 Syndiqué SNEPAP- FSU                                   Secrétaire régional SNEPAP- FSU
Secrétaire fédérale Fédération de Charente
 

Mercredi dernier avec d'autres organisations de gauche et les syndicats nous étions réçu en préfecture pour échanger avec le directeur de la Poste dans le département Gérard Durand.

D'entrée nous lui avons indiqué que nous souhaitions le faire réagir sur 2 points : la présence postale en Charente (projets en cours ou à venir) et la  privatisation de la Poste (nous maintenons le vocabulaire)

Il nous a parlé "ouverture de capital", "péréquation" "modernisation" "concurrence" "client"

Nous lui avons répondu "missions de service public" "usager" "la modernisation ne doit être un prétexte" "la valeur humaine est à considérer et pas uniquement l'aspect économique"

En fait il nous a indiqué qu'il ne chercherait pas à nous convaincre.

Nous lui avons rappelé que nous étions la pour défendre les Services publics.

Nous lui avons fait part de notre crainte à propos de ce qui se met en place actuellement, Nous pensons qu'il s'agit d'un leurre : les Agences Postales Communales et les relais commerçants (qui n'assurent que 50% des services d'une Poste) sont installés pour se mettre en conformité avec cette belle formule de communication "90 %des français doit trouver un point poste à moins de 20 mn et 5 km",pour calmer et qu'ensuite comme un certain nombre de Services publics tout ça disparaitra.

Nous lui avons rappelé que la Caisse des Dépots et Consignations est présente dans beaucoup d'entreprises du CAC 40 et qu'elle aura les mêmes exigences avec La POste qu'avec les autres entreprises, que sa logique est comptable et uniquement

Enfin, nous lui avons demandé de mieux considérer le citoyen ( la votation, les 34000cartes envoyés ce n'est pas rien ) notamment en ne fermant pas les bureaux le samedi matin.

En fait il nous a livré sans surprise la position officielle en nous confirmons que le mouvement lancé suivrait son cours.


Donc la mobilisation continue et la vigilance est de mise.

Compte rendu de la Commission Fédérale Services Publics du 2 Nov 2009

Nous avons observés que plus de vingt communes avaient participé à la dernière campagne pour "proposer un référendum sur l'avenir de la Poste" (plus de 16 OOO cartes samedi et le mouvement continue cette semaine): Angoulème, Aigre, La Couronne, Gond-Pontouvre, Montignac, Mansle, Villefagnan, Ruffec, Coulgens, Barbezieux, Saint Claud Cognac, Jarnac, Rouillac, Champagne-Mouton, Ruelle, Chasseneuil, Mornac, Soyaux ...

De nouveau après la votation du 3 octobre on constate que nos concitoyens charentais  sont sensibles à ce combat et se mobilisent.

D'autant que si sur le plan National la position du gouvernement est  "pas de privatisation" au niveau local on voit bien que l'abandon des services publics se fait et de manière rampante.

Nous avons focalisé sur Cognac et ses environs qui vit une véritable hémoragie : après la disparition du conseil des prud'hommes, du tribunal de commerce, bientôt du bureau de Météo France , c'est un service public de plus qui ferme avec le bureau de dédouanement (ce qui en passant est synonyme de moins de contrôles donc moins de garanties de sécurité quant aux produits importés)

Et dans ce contexte, des concitoyens ont eu l'agréable surprise de constater que LEUR poste fermait le samedi sans en avoir été prévenu (quel mépris) à Chateaubernard, à Saint Jacques, à Crouin.
L'argument de la responsable: le seul aspect quantitatif : le flux rien rien sur l'aspect humain

Et me^me si Estrosi à annoncer que l"imprivatisation" sera scellée dans le marbre" la logique reste la même la recherche du profit.

Nous avons envisagé sur le secteur de Cognac une grande réunion publique et un communiqué de presse

D'ailleurs soyez nombreux à consulter le site "touchepasamaposte.com"

Et si le gouvernement se fiche complètement de la mobilisation de plus de 2 millions de personnes ici en Charente nous allons continuer à chaque fois qu'il y a un recul à mener la lutte car en 5 ans c'est 400 emplois que la Poste a perdu en Charente ! "

Délégué au Bureau Fédéral sur les Services Publics

La poste : doute sur le projet gouvernemental jusque dans les rangs de la majorité

Communiqué  Razzy Hammadi, Secrétaire national aux Services publics

La Commission des affaires économiques du Sénat vient d’adopter le texte prévoyant le changement de statut de La Poste. Quelques amendements présentés par le rapporteur UMP ont été adoptés contre l’avis du gouvernement pour faire préciser que le capital de l’établissement sera détenu a 100% par l’état et des personnes de droit public. C’est dire la confusion qui règne dans la majorité et l’inquiétude de ses élus face au projet gouvernemental. Il a fallu un autre amendement de la majorité pour garantir le financement de la présence territoriale.

Incertitudes, inexactitudes, mensonges : tout dans ce projet marque l’insincérité du projet du gouvernement. La campagne menée, à grands frais, par le Premier ministre qui a écrit aux Maires pour les convaincre de soutenir ce projet, la convocation des cadres dirigeants pour porter la bonne parole traduit cette fébrilité.

Autre scandale : non seulement il va falloir privatiser La Poste, mais en plus il faudrait subventionner les opérateurs privés qui veulent s’imposer sur le marché. Le culot ne manque aux concurrents potentiels qui ont par la voix de la FAPA (fédération des acteurs postaux alternatifs) prétendu que La Poste bénéficie d’une position indue à cause de son « de savoir faire » et « de la valeur de sa marque ». Les Français vont devoir payer pour la privatisation de La Poste et payer pour que ses concurrents s’imposent sur le marché ! De qui se moque-t-on !

Le Parti socialiste demande le retrait pur et simple de ce projet qui détruira un fleuron du service public à la française. La Poste doit continuer à se moderniser, à offrir un service de qualité à ses usagers, cela est possible et nécessaire, mais il n’y a aucunement besoin de ce projet néfaste pour l’établissement public.

La Poste : votation citoyenne 
La Poste : mobilisation et grève nationale contre le changement de statut