
Groupe et Réseau Culture du PSE, attentes et demandes, perspectives immédiates
En qualité de représentant « Culture » du Parti Socialiste Français auprès du Parti Socialiste Européen, j'ai participé au Congrès du PSE à Prague, le 7 et 8 décembre derniers.
Le 6, se tenaient des ateliers préparatoires organisés par la Fondation Européenne des Etudes Progressistes ; Deux thèmes : « Quel projet de société voulez-vous ? » et « Quels propositions pour l’évolution du PSE ? » L’une des réponses proposées fut la Culture (absente des débats jusqu’à présent) car il ne peut y avoir de projet de société sans projet culturel et, par ailleurs, pour son évolution et son renforcement, le PSE a besoin d’un groupe-réseau « Culture » européen, structuré et imaginatif.
Le congrès du PSE s’est tenu dans l’immense Palais de l’Industrie, chef d’œuvre de l’architecture métallique de la fin du 19ème siècle. 1.500 participants, dont plus de 30 délégations (des 27 partis socialistes des l’Union Européenne et ceux de l’Europe géographique) un certain nombre d’observateurs et 500 militants...
Poul Nyrup Rasmussen Président du PSE, réélu à une très forte majorité, a exhorté les partis socialistes d'Europe à se renforcer, à évoluer s'ils ne veulent pas prendre le risque de diparaître, car la force du Parti Socialiste Européen dépend étroitement de celle des partis socialistes frères...
Le Président du PSE a été un des rares, avec Martine Aubry et Mercedes Bresso, Présidente du Comité des Régions de l'UE (et Présidente de la région Piémont), à évoquer la culture dans ses propositions en séance plènière.
J'ai fait mon intervention « Culture Européenne ou Cultures des Européens ?... » à la tribune de la Salle des débats, attenante à la plénière. Le texte de cette intervention * a été mis à disposition de l’ensemble des délégations et des militants européens.
De très nombreux contacts ont été pris d’où il résulte, d'une part que les militants de l’Europe orientale sont en demande forte de culture et en attente d’échanges avec l’Europe occidentale et en particulier l’Europe du Sud et d'autre part, que plusieurs militant(e)s d'Europe du nord et de Scandinavie sont désireux de mieux connaître leurs camarades du sud de l'Europe. Dans ce sens, l'initiative du Parti Socialiste Français de proposer un groupe et un réseau Culture au PSE est apparue à de nombreux militants et militantes comme naturelle et pertinente, car, à leurs yeux,en matière culturelle, la France leur apparait comme un sas entre le nord et le sud de l'Europe (et inversement).
Le groupe Culture du PSE est en cours de formation. Les premiers militants qui participèrent à l'atelier Culture du Forum de Dublin (09-2009) travaillent déjà sur des sujets importants au plan européen. Un bulletin trimestriel permettra à celles et ceux qui présenteront leurs travaux ou leurs propositions de s’exprimer dans leur propre langue en l'accompagnant d'une traduction en français.
En conclusion provisoire: On ne gagne pas de batailles politiques sans faire appel à l’espoir d’une vie meilleure , plus juste, mais aussi, sans faire appel au rêve humaniste , celui de découvrir l’autre, de mieux le connaître, de mieux le comprendre, c’est à dire de mieux connaître et mieux comprendre chacun de nous...
Pierre RATERRON
Représentant "Culture" du Parti Socialiste Français auprès du Parti Socialiste Européen.
Le 7 juin prochain auront lieu les élections européennes. Septièmes du genre, elles se dérouleront dans un contexte de crise globale où, pour le première fois, les enjeux apparaissent cruciaux.
La crise financière s'est transformée en une crise économique d'une gravité sans précédent depuis 1929. L'économie mondiale est menacée d'une récession forte et durable.
Face à la crise économique et financière, l'Europe a su éviter l'écroulement de son système financier. L'euro a protégé les pays qui l'ont adopté des tempêtes spéculatives sur les changes. Mais l'Europe n'a pas les moyens budgétaires pour relancer la machine. Les Etats ont toujours autant de mal à coordonner leurs politiques et tentent de colmater les brèches en ordre dispersé. Chacun a bricolé son petit plan dans son coin et du coup, l'effort de relance reste insuffisant au global.
Ainsi, la crise montre à quel point les structures de l'Union européenne sont inadaptées pour permettre une coopération efficace sur le plan économique.
La crise sociale, déjà fortement nourrie par la politique de la droite, s'en trouve encore plus aggravée.
La montée du chômage, les hausses incontrôlées des prix de l'alimentation et de l'énergie, la baisse du pouvoir d'achat, l'accroissement des inégalités, le risque croissant de pauvreté, le démantèlement de services publics et sociaux menacent la vie quotidienne des citoyens à tel point que nous vivons dans une véritable insécurité sociale.
Crise politique aussi puisque l'Europe peine à se donner des institutions lui permettant de fonctionner suite aux élargissements de 2004 et 2007.
Ces institutions apparaissaient déjà lointaines, obscures aux citoyens.
Le débat constitutionnel et son issue en 2005 n’ont pas aplani ces difficultés.
L'unité de l'Europe s'est fondée sur une double volonté: réconcilier des nations ennemies (la paix), assurer un développement économique (la prospérité). Foi des pionniers et vision plus affective que politique favorisèrent le consensus entre libéraux, démocrates-chrétiens et socialistes et une gestion fonctionnaliste de l'Union (des techniciens – les "eurocrates" - travaillent pour le bien des Européens sans trop les consulter).
Ce rêve de justice et de solidarité est devenu flou comme l'union à 27, comme l'euro qui n'a pas tenu toutes ses promesses. La vie est dure, l'avenir incertain. La foi des pionniers s'est étiolée.
Partageons-nous la même vision de l'Europe ? Doit-elle se résumer à une vaste zone de libre échange ouverte à tous vents ? Y a-t-il la place pour une Europe de progrès social ? Quel rôle peut jouer l’Europe dans la mondialisation ?
Ces questions, et bien d'autres, ne relèvent pas de l'affectif et d’un consensus corollaire mais nécessitent des réponses éminemment politiques apportées par les citoyens.
Autre défi pour l'Europe, la crise écologique. Sur ce terrain elle a su faire preuve d'un certain volontarisme. Mais il lui faut maintenant réussir à entraîner le reste du monde, les Etats-Unis bien sûr, mais aussi les pays émergents, notamment la Chine, l'Inde ou le Brésil.
Face à ces enjeux, les progressistes de la gauche européenne doivent avoir pour objectif, non seulement de relancer l’Europe, mais bien de rectifier le tir, de réorienter la construction européenne :
- au plan économique, il est nécessaire de donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance ; une réflexion s’impose aussi pour desserrer le carcan libéral en revoyant le pacte de stabilité et de croissance, en réformant le statut de la banque centrale européenne, en harmonisant la fiscalité, en réactivant une politique douanière commune (il ne s’agit pas de d’ériger l’Union en forteresse, mais que ce ne soit pas une passoire), en accroissant les capacités budgétaires de l’Union ;
- au plan social, il s’agit de faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale en négociant un « Pacte européen du Progrès social », en prévoyant l’établissement d’un salaire minimum décent dans tous les Etats membres, en établissant un cadre européen pour les services publics, en renforçant les droits des travailleurs pour mettre fin au dumping social prôné par la droite ;
- au plan politique, la réforme institutionnelle doit s’appuyer sur la démocratie, la transparence et la responsabilité : les citoyens ne doivent pas être écartés du débat, préalable nécessaire pour donner un sens à l’Europe ; pour réintroduire ce débat politique et mener les profondes réformes de progrès dont l’Europe a besoin, il est indispensable de constituer une forte majorité progressiste au Parlement européen ;
- au plan écologique, faire aboutir les négociations internationales pour un accord mondial sur le climat en définissant un projet mondial et à long terme pour les politiques énergétiques et pour le développement durable de la planète.
Les socialistes et sociaux-démocrates européens sont prêts à mettre en pratique ce projet commun contenu dans le Manifeste du PSE.
Ces orientations ne sont pas déconnectées, loin s’en faut, du combat que nous menons contre la politique de la droite en France.
Qui ne voit que la politique de démantèlement des services publics (l’énergie, la poste) est la même à Bruxelles et à Paris ?
Qui ne voit que la remise à cause des 35 heures en France par Sarkozy trouve écho avec le débat au Parlement européen sur la possibilité de travail jusqu’à 60 voire 70 heures ?
Qui ne voit que la bataille pour un salaire minimum européen est le prolongement chez nous de la question du pouvoir d’achat ?
Qui ne voit que le dumping social européen alimente la précarisation du travail en France et le développement des CDD ?
Bref, on pourrait trouver de multiples exemples d’implications étroites entre les politiques menées par la Commission européenne dirigée par José Manuel Barroso et par le gouvernement Fillon, toutes d’inspiration libérale.
Combattre cette politique à Paris, c’est combattre cette politique à Bruxelles : il n’y a pas de cloison étanche entre le débat dit européen et le débat dit intérieur.
Notre campagne s’articulera sur la double opposition à Barroso et à Sarkozy que nous ne voulons, ni l’un ni l’autre voir rempiler.
Pierre JACQUET - Secrétaire fédéral à l’Europe
L'Union européenne, aujourdhui, forge une grande part de notre quotidien: l'euro bien sûr, mais aussi la majeure partie de notre législation.
Toutefois, l'Europe reste une grande inconnue: ses institutions, son fonctionnement, ses projets apparaissent lointains et nébuleux pour le citoyen Français...
A l'occasion des prochaines élections européennes de juin 2009, les socialistes devront répondre entre autres à ces questions :
• Quelle Europe voulons-nous ?
• Quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir ?
• Avec qui ?
La première réunion de la commission Europe a eu lieu le mardi 10 février, cette commission est un des lieux de réflexion et d'élaboration de propositions autour de toutes ces questions.
Pierre JACQUET - Secrétaire fédéral à l’Europe