![]() |
En adoptant en Conseil National un texte intitulé « Donner une nouvelle direction à l'Europe », le Parti socialiste est entré dans la campagne des élections européennes. L'enjeu est net : mettre fin à l'hégémonie de la droite, actuellement majoritaire à Strasbourg et aux commandes dans la plupart des Etats membres. |
M. Barroso, après avoir affiché son soutien à la politique étrangère de Georges Bush avait pris les habits du premier libéral d'Europe, en défendant la directive Bolkenstein, en refusant la définition d'un véritable service public européen, en se contentant, à l'instar de M. Sarkozy en France, d'injecter des milliards dans les banques, sans contrepartie véritable, tout en laissant la dérégulation se faire.
On voit bien que l'avenir de l'Europe n'est pas écrit avec certitude : si elle continue d'être libérale, le risque est grand de voir s'agrandir la fracture avec les citoyens ; si au contraire elle s'affirme comme un espace de progrès économique et social alors le rêve européen s'offrira un nouvel horizon.
Le 7 juin, il s'agira de donner un signal clair : nous voulons une majorité de socialistes et de sociaux-démocrates au Parlement Européen. Ces derniers se sont accordés sur un Manifeste, point de départ d'une majorité politique. Les socialistes français compléteront et préciseront cette Plateforme commune par des propositions qui leur tiennent à cœur et qui sont partagées par de nombreux partis du PSE en Europe :
- L’augmentation du budget de l’Union, avec des ressources propres, pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir.
- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme.
- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne.
- La définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production.
- La coordination des politiques économiques rendue encore plus nécessaire par la faiblesse du dollar, du yuan et du yen et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité.
- Une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.
L'Europe ne fait donc pas consensus en soi : là aussi, entre la droite et la gauche, il y a le choix entre la régression et l'espoir. Ce ne sont pas là des vains mots. Les citoyens auront la possibilité de choisir ce chemin : pour cela, il faudra des socialistes unis et déterminés dans une campagne qui s'annonce difficile. La tentation du seul vote protestataire ou de l'abstention, sans perspective, risque d'affaiblir la gauche et peut servir les intérêts de l'UMP qui masquerait ainsi le rejet profond dont il est l'objet dans l'opinion.
Bien entendu, nous allons, en Charente, relever le défi de cette campagne. Nous connaissons désormais les noms de nos candidats et il est toujours, ici ou ailleurs, des mécontents et des déçus. Mais une liste est une affaire de choix, d'équilibres, d'opportunités aussi. Il avait été convenu, parmi les principes généraux qui ont guidé la composition des listes, un équilibre entre les 3 Régions de l'Ouest (Poitou-Charentes, Bretagne, Pays de Loire). Dès lors que j'ai dit à l'unisson de toutes les fédérations de la région, que la candidature de Bernadette Vergneau – sortante- était légitime, elle a pu ainsi être placée parmi les trois premiers, qui plus en numéro 1. Je suis d'ailleurs fier qu'une femme conduise notre liste dans cette grande circonscription. Il restait ensuite deux places pour le Poitou-Charentes ; la Charente avait été représentée lors de la dernière élection en 2004 et il n'est pas apparu illégitime, cette fois, d'opérer une rotation. Etant entendu que la Charente – à travers ma modeste personne, mais cela aurait pu être une autre[1] – occupe la place symbolique de premier suppléant. Croyez bien que j'aurais été honoré de porter plus haut nos couleurs, d'autant que, comme le disent certains, je n'ai pas encore de mandat et que cela serait sans doute utile et pertinent que je sois élu. Mais il ne faut pas confondre ambition et précipitation ; il faut jouer collectif.
Chaque semaine qui passe depuis notre congrès voit les socialistes se rassembler un peu plus. L'unité des socialistes a été possible pour l'adoption du texte d'orientation et la désignation de nos candidats. Que cette unité perdure, dans notre parti comme à l'extérieur. Et que tous nos talents convergent pour nous faire gagner plutôt que pour faire durer d'inutiles divisions. Car la machine à perdre, on a déjà donné. La seule chose qui compte désormais est de gagner le 7 juin prochain. Pour redonner un espoir à des millions de Français et d'Européens. Trouver une issue à la crise et aux incertitudes du Monde commence sans doute par là. …
Ah, et puisqu'on parle d'élection, je n'oublie pas de conclure cet éditorial par un message d'encouragement, de confiance et d'espoir à Jeanne Filloux qui conduit la liste de gauche à Champniers soutenue sans faille par la Fédération, et par la section qu'anime Joëlle Averlan. Il n'y a pas de petites batailles ; il y a celles qu'on mène et qu'on peut gagner ; et celles qu'on ne mène pas et qu'on sûr de perdre. On mènera celle-là avec Jeanne et les camarades de Champniers. Pour gagner.
[1] Jérôme Royer (Jarnac), Olivier Pucek (Rouillac), Madeleine Ngombet (Confolens) avaient aussi fait acte de candidature.
La liste Interégionnale de l'Ouest PS :
| Titulaires : 1 - Bernadette Vergnaud (Poitou Charente) 2 - Stéphane Le Foll (Pays de Loire) 3 - Isabelle Thomas Bretagne) 4 - Yannick Vaugrenard (Pays de Loire) 5 - Françoise Ménard 6 - Michel Morin 7 - Roseline Lefrançois 8 - Guy Moreau 9 - Noma Mevelpla |
Suppléants : 1 - Pouria Amirshahi2 - Maria Vadilo 3 - Gwenegan Bui 4 - Madeleine N'Gombet 5 - Eric Thouzeau 6 - Hélène Brus 7 - Mathieu Durquetty 8 - Sylvie Pichot 9 - Andrew Lincoln |


